L’artiste peintre Johanna Durimel bâtit un pont entre Guadeloupe et Floride [en]

Johanna Durimel, peintre artiste de sable guadeloupéenne, a eu récemment l’opportunité de se rendre en Floride du sud et ce à l’occasion des deux évènements majeurs clôturant l’année 2014 : les « French Weeks Miami » et la très fameuse foire d’art contemporaine « Art Basel ». Interview.

JPEG-* e-Toile : Johanna Durimel bonjour et merci de répondre à nos questions. Avant d’aborder les deux voyages successifs que vous venez de réaliser à Miami, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs et leur décrire votre parcours d’artiste ?

  • Johanna Durimel : Je suis une artiste autodidacte réalisant des peintures de sables naturels provenant de différentes plages de la Caraïbe et d’autres coins du monde. Licenciée en tourisme, diplômée en langues étrangères appliquées, ayant un master en management de projet, mes études ne me prédestinaient pas à évoluer dans ce monde.

Néanmoins, rattrapée par ma passion pour l’art, c’est tout naturellement que j’ai proposé mes premières peintures de sable en 2007 afin de permettre à une association de lever des fonds pour des jeunes.
Repérée à cette occasion par l’artiste peintre de renom Alain Caprice qui décide de parrainer ma première exposition en 2009, je me lance alors dans cette activité qui me fera connaitre du grand public. Puis les choses se sont accélérées.
J’ai exposé mes œuvres lors du Black Caucus à l’ambassade de France Washington en présence de la Ministre Rama Yade et du Révérend Jessie Jackson.

Les expositions et les concours se sont succédés tant dans mon île qu’à l’étranger. J’ai remporté un concours d’art contemporain en Guadeloupe afin d’exposer à la Pool Art Fair de New-York. Il me tenait également à cœur de transmettre ma passion pour l’art du sable et pour les personnages emblématiques de l’histoire caribéenne aux enfants à travers des ateliers mis en place par l’éducation nationale en écoles primaires en 2011. J’ai eu l’opportunité de participer à différentes émissions de télé.

En 2013, une équipe de tournage de l’émission Streetosphère ayant repéré mes travaux via internet, est venue faire un reportage portrait diffusé en France Pologne, Italie, Canada. En novembre 2014, j’ai été sélectionnée par Guadeloupe expansion pour une mission de prospection économique sur le marché américain lors des French Weeks de Miami qui m’a permis d’arriver à Art Basel en décembre.

-* e-Toile : Du 10 au 13 novembre 2014, vous avez tout d’abord fait partie de l’importante délégation de prospection économique guadeloupéenne conduite par Thérèse Marianne Pépin, Conseillère régionale et Présidente de la commission coopération, venue en Floride du sud lors des « French Weeks Miami » 2014. Quels sont les atouts que vous avez mis en avant pour être choisie comme participante à cette mission de prospection commerciale ?

  • Johanna Durimel : Pour cette mission de prospection économique, il fallait montrer son aptitude à répondre aux exigences de qualité du marché américain : des œuvres ayant une très grande finition et des supports de communication percutants.

J’ai mis en avant l’originalité de la technique des peintures de sable encore peu connue aux États-Unis et le soin particulier que j’accorde aux détails, à la mise en relief des personnages, à la finition et à l’utilisation exclusive de sables naturels. Une précédente expérience à Washington en 2009, m’avait permis de réaliser que cette forme d’art suscitait l’intérêt des américains.

En outre mes études supérieures en langues étrangères ont constitué un véritable atout pour la préparation de mes entretiens avec les galeristes de Miami et pour l’élaboration de mes outils de communication en anglais.

Enfin, il semblerait que mon parcours atypique, mon professionnalisme et ma détermination aient été appréciés lors de la sélection.

-* e-Toile : Lors de cette mission, vous avez rencontré des galeristes établis à Wynwood qui vous ont, sur le champ, proposé d’exposer vos œuvres lors de la semaine d’« Art Basel ». Pouvez-vous nous en dire plus sur cette rencontre ainsi que sur ce second séjour à Miami ?

  • Johanna Durimel : Ce fut pour moi complètement irréaliste ! En effet j’ai reçu un accueil très positif auprès des galeristes que j’ai rencontrés mais lorsque que la « Gallery 212 » m’a proposé d’exposer durant Art Basel 2014, je n’en revenais pas ! C’était l’occasion rêvée pour la jeune artiste caribéenne que je suis, de toucher un public international en exposant au milieu d’artistes connus du monde entier. C’est ainsi que je suis retournée en décembre dernier à Miami pour Art Basel.

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Du 4 au 7 la « Gallery 212 » a produit un travail énorme afin de recevoir les milliers de personnes venues du monde entier pour découvrir les artistes qu’elle présentait.
A cette occasion j’ai pu partager des expériences avec les nombreux artistes présents sur place (venant du Brésil, du Panama, du Mexique, de Miami, de Chicago, de France…). Mais c’était surtout un moment inoubliable d’échanges et discussions avec le public qui voulait tout connaitre de l’art du sable.

-* e-Toile : Que retenez-vous aujourd’hui de ces deux expériences et quels sont à présent les projets que vous murissez en Guadeloupe, en Floride ou ailleurs ?

  • Johanna Durimel : Ce fut deux expériences très enrichissantes : les ’French Weeks Miami’ pour m’avoir permis de me constituer un réseau de contacts à Miami m’ayant menée à Art Basel et cette exposition de renommée mondiale pour m’avoir donné l’opportunité de me faire connaitre sur le marché international.

Cela m’a par ailleurs ouvert des perspectives d’exposition dans d’autres villes des États-Unis telles que New-York, Los Angeles, San Francisco et même en Suisse et en Allemagne.
Je suis en train d’étudier toutes ces propositions avec l’aide de conseillers. Je compte bien mettre à profit ces expériences et les précieux conseils des professionnels afin d’évoluer dans mon art. Je travaille d’ores et déjà sur des nouvelles œuvres.

Johanna DURIMEL
Artiste peintre de sable
Mobile : 06 90 620 770
Cellphone : +590 690 620 770
Email : johannadurimel@gmail.com
www.johannadurimel.com

Propos recueillis le 29 décembre 2014.

Dernière modification : 13/01/2015

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