« Tempête sur la plage », un article publié par le Centre d’Excellence de l’Union européenne Miami-Floride (MEUCE)

Des vétérans de la Seconde Guerre mondiale décorés par le consulat général de France à FIU (article publié par le MEUCE)

PNG

Le 4 avril, le consulat général de France à Miami et le centre d’excellence de l’université internationale de Floride (FIU) ont eu le plaisir de rendre hommage à huit anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale. Cet évènement chargé d’émotion qui s’est tenu au Frost Museum à FIU a permis au Consul général de France à Miami, M. Philippe Létrilliart, de décerner les insignes de Chevalier dans l’Ordre National de la Légion d’Honneur à ces anciens soldats américains qui ont combattu en France pendant la Seconde Guerre mondiale.

Cette distinction, la plus élevée que la France puisse accorder à une personne française ou étrangère fut créée en 1802 par Napoléon Bonaparte. Elle a été attribuée à des personnalités aussi célèbres que Victor Hugo, Alexandre Dumas ou encore Douglas MacArthur.

Avant de recevoir leur décoration, ces Anciens Combattants ont rencontré les étudiants du Programme d’excellence de FIU pour une séance de questions-réponses durant laquelle les élèves de FIU ont eu la possibilité de converser avec les vétérans.

PNG

Plus de deux douzaines d’étudiants ayant fait partie du programme d’étude « Study Abroad in France » géré par le professeur John Bailly ont pris part à la cérémonie de décoration.

Les étudiants avaient tous visité les sites historiques des batailles qui se sont déroulées en France pendant la Seconde guerre mondiale. « Il s’agit de la Grande Génération s’adressant à la génération de FIU. Chaque étudiant présent se souviendra de cet évènement pour le restant de sa vie ».

A la FIU, la cérémonie formelle a débuté à 15 heures avec l’hymne des Etats-Unis repris a cappella par les étudiants. Le groupe, dirigé par Kamila Manzueta, élève du Programme d’Excellence, a ensuite entonné la Marseillaise.

A la suite de cette introduction, le Consul général de France à Miami, M. Philippe Létrilliart, a décoré des insignes de Chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur ces anciens soldats américains qui combattirent dans l’une des guerres les plus meurtrières que l’Amérique et l’Europe aient jamais connu, des insignes dont la récompense a signifié pour eux et pour tant d’autres les plus grands sacrifices.

PNG

« Tempête sur la plage », par Corey Ryan

Le centre d’excellence de l’université internationale de Floride (MEUCE) souhaite partager avec vous le magnifique essai rédigé par Corey Ryan à l’issue du voyage qui l’a conduit sur la plage d’Omaha Beach ainsi que d’autres hauts lieux historiques en Normandie. Cet élève de FIU écrivit en effet ces mots après avoir effectué deux voyages d’études sur les lieux du Jour-J avec le professeur John Bailly dans le cadre du cours « Art, Guerre et Droits de l’Homme ».

Lors de son premier séjour en 2012, Ryan était étudiant en anglais. L’année dernière, il est devenu l’assistant du professeur John Bailly. Pendant leur voyage, les étudiants rencontrent un survivant de l’Holocauste avant de visiter la plage d’Omaha Beach, l’un des sites où les troupes alliées débarquèrent en 1944 pour libérer la France occupée.

« Je n’avais jamais entendu un tel silence auparavant, l’un de ceux que l’on réserve habituellement aux morts. Je me tenais au fond d’un cratère d’impact, et j’essayais d’entendre quelque chose, n’importe quoi, vraiment. Mais rien.

PNG

Ni le vent, ni le léger murmure des touristes se promenant aux alentours et encore moins le son des vagues de la Manche se brisant contre les falaises.

Je me sentais piégé. Mes jambes ne pouvaient plus bouger. Je voulais hurler pour que quelqu’un vienne et me tire de cette chose, mais je ne pouvais pas, conscient du fait que soixante-neuf ans auparavant, un obus mortel avait heurté cette terre et laissé sa marque à l’endroit précis où je me trouvais. Quelqu’un se tenait-il là, il y a soixante-neuf ans, lorsqu’il frappa ?

Sortir de ce cratère fut comme sortir de l’enfer, lorsque j’en atteignis enfin le sommet, je vis un contraste saisissant : la Manche s’étendait à des kilomètres devant moi, déteignant sur les nuages et semblant s’élever vers les cieux.

Au sommet de la falaise où je me trouvais, des dizaines et des dizaines de cratères similaires à celui duquel je venais de m’extraire parsemaient le paysage, également ponctué de quelques bunkers allemands en ruine éparpillés ici et là.

C’était à la Pointe du Hoc, l’un des nombreux lieux du Débarquement. C’était quelque peu irréel d’être en Normandie, un lieu d’une telle beauté qui a été aussi le théâtre de tant de dévastation. J’avais lu des histoires, vu des films, et pourtant j’eus du mal à réaliser ce qui s’était un jour passé ici.

Nous vivons dans le présent en essayant de comprendre le passé mais nous ne pouvons jamais le revivre.

En quittant les Etats-Unis pour un été, en voyageant en France et en visitant la Normandie, je faisais mon possible pour comprendre le monde, pour comprendre une époque où des hommes et des femmes sacrifièrent leur vie et leur futur afin que vous et moi puissions vivre dans un monde sans haine.

PNG

Plus tôt ce jour-là, je vécus une expérience très intime en visitant le Cimetière britannique à Bayeux malheureusement moins fréquenté. En me promenant entre les rangées alignées des croix de marbre, je lus les inscriptions que les familles des soldats tombés au combat avaient écrites à la base de chaque stèle.

Certaines étaient tirées de la Bible rappelant aux visiteurs que leurs êtres chers se trouvaient désormais dans un endroit meilleur. D’autres étaient plus personnelles : « Tu as été pris mais bébé Francis est arrivé pour prendre ta relève. Ta femme qui t’aime, Marie ». D’autres encore révélaient la camaraderie qui régnait entre ces soldats : « L’endroit le plus approprié où l’Homme puisse mourir, c’est l’endroit où il meurt pour l’Homme ».

J’étais désorienté. Je ne pouvais comprendre cet altruisme. J’appréciais et je reconnaissais le sacrifice de chacun de ces soldats, mais je ne parvenais pas complètement à saisir l’idée de donner ma propre vie pour que d’autres puissent vivre en hommes libres.
Peut-être est-ce ma faute. Peut-être est-ce celle du monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, où les gens sont si détachés de tout ce qui les entoure qu’ils ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont d’être en vie.

Plus tard ce jour-là, je suis allé au Cimetière américain de Normandie à Omaha Beach. Je me suis tenu devant le Mémorial et j’ai regardé les 9387 croix de marbre, chacune au garde-à-vous, complètement uniforme. Chacune de ces croix a une histoire à raconter, une histoire de vie et de mort ».


Sources: Extraits de la lettre d’information publiée par le MEUCE- Mars –avril 2014.

Pour lire la lettre d’information du MEUCE,cliquez ici.

Dernière modification : 28/05/2014

top of the page