10 témoignages d’anciens combattants américains de la Seconde Guerre mondiale [en]

Nous avons demandé à 10 anciens soldats américains venus combattre en France il y a 70 ans de répondre à nos questions. Leurs réponses sont parfois difficiles, souvent teintées d"humour mais toujours touchantes.

Nos questions :

  • Quelle était leur vision de la France avant la guerre et avant qu’ils ne s’enrôlent dans l’armée américaine ?
  • Pourquoi sont-ils entrés dans l’armée au moment du conflit ?
  • Quelle est leur perception de la France d’aujourd’hui ?
  • Ont-ils parlé de cet épisode de leur vie à leurs proches ?
  • Si tel est le cas, ont-ils partagé cette expérience souvent douloureuse avec eux à leur retour sur le sol américain ou t-ils attendu pour confier ce lourd héritage aux leurs et à leur entourage ?

Award Ceremony in Holly Hill, march 14, 2014 - JPEG

14 mars 2014 – Cérémonie à Holly Hill durant laquelle George Guertin, Philip Cartisano, John Welch, Edward Safford, William Van Luyn et William Mc Dermott ont été décorés des insignes de Chevalier dans la Légion d’Honneur par la République Française.
  • George Guertin :

M. George A. GUERTIN est né le 16 juillet 1923 à Magog, au Canada. Il a rejoint l’armée américaine en mai 1943. En tant que Caporal dans le 633e bataillon de l’artillerie antiaérienne, M. Guertin s’est distingué lors de sa participation à la Libération de la Normandie, à la Libération du Nord de la France, à la Bataille des Ardennes et à la Bataille de la Rhénanie. Pour ces faits d’armes, il a été décoré par le gouvernement américain du ruban de la « European African Middle Eastern Theatre Campaign », de la médaille de Bonne Conduite et de la médaille de la Victoire de la Seconde Guerre Mondiale.
La France l’a décoré des insignes de Chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur à Daytona Beach (Holly Hill) durant la cérémonie du 14 mars 2014.

George Guertin  : "Avant la guerre, j’avais une très bonne image de la France. Comme je parlais français, ce pays m’attirait d’autant plus. De nos jours, j’ai toujours cette vision positive de la France mais je suis malheureusement trop âgé pour voyager. Je me suis enrôlé dans l’armée quand les États Unis sont entrés dans le conflit. Je ne l’ai pas vraiment vécu comme un choix mais plutôt comme un devoir.

Je pense toujours au Débarquement et j’en parle sans difficultés, comme par exemple à la cérémonie de remise de la Légion d’Honneur. J’ai toujours pensé que je n’étais « jamais revenu » de cette guerre."

  • Philip Cartisano :

M. Philip CARTISANO est né le 22 août 1924 à New York. Il a rejoint l’armée des Etats-Unis en Janvier 1943. Il a servi comme soldat dans la 565e Ordnance Company, où il a montré son courage et sa détermination à l’occasion de la Libération de la Normandie, de la Libération du Nord de la France, de la Bataille des Ardennes et de la Bataille de la Rhénanie. Il a été décoré par les Etats-Unis d’Amérique de la médaille « European African Middle Eastern Service », ainsi que de la médaille de la Bonne Conduite.

Il a été récompensé par la France le 14 mars 2014 lors de la cérémonie de remise de la Légion d’Honneur.

Philip Cartisano  : "J’ai vécu en Europe pendant 50 ans et j’aime autant la France que l’Europe. Il y a des paysages exceptionnels et les gens y sont très gentils. Pendant la guerre, j’ai commencé à apprendre le français. J’ai rencontré ma femme en Suisse et nous avons vécu à Genève puis à Lausanne. Ensuite, j’ai dû rentrer aux États-Unis car j’avais 2 enfants là-bas. Aujourd’hui, j’aime toujours autant la France et le français.

Il est cependant difficile pour moi de parler de cette période. Il y a des souvenirs horribles que j’essaie d’oublier. Cela m’a pris beaucoup de temps pour pouvoir en discuter. Lorsque j’ai été enrôlé, j’avais seulement 17ans. C’était ma toute première expérience hors de chez moi et loin de ma famille. J’étais si jeune… »

  • John Welch :

M. John H. WELCH est né le 19 mai 1919 à Searcy dans l’Arkansas. Il a rejoint l’armée américaine en août 1942. M. Welch a servi comme soldat de première classe dans l’Infanterie, et a montré courage et détermination au cours de la Bataille des Ardennes, de la Bataille de la Rhénanie, de la Libération de la Normandie et de la Libération du Nord de la France. Le gouvernement américain l’a décoré du « European African Middle Eastern service medal Theatre Ribbon » avec cinq étoiles de bronze et pointe de flèche, la médaille Bronze Star, l’ « American Defense Service Ribbon », la Presidential Unit Citation et le Combat Infantry Badge.

Il a reçu la Legion d’Honneur à Daytona Beach durant la cérémonie du 14 mars 2014.

John Welch : "J’avais déjà beaucoup de sympathie pour la France avant la Seconde Guerre Mondiale, et j’en ai encore plus aujourd’hui, avec la superbe médaille de la Légion d’Honneur que vous venez de me remettre ! Lorsque je suis entré dans l’armée, je venais juste de terminer le lycée, je n’avais pas le choix.

Pendant longtemps, je ne voulais pas raconter ce que j’avais vu et vécu pendant la guerre. Cela me gênait.
Après la guerre, j’ai été hospitalisé ; je ne voulais absolument pas parler de ce que j’avais vu ni de ce que j’avais fait.
Durant 5 ou 6 ans, je n’ai pas dit un mot : je voulais simplement avoir une vie normale. Maintenant, les temps ont changé et c’est pourquoi il m’arrive de parler de la guerre avec ma famille, mais ce n’est toujours pas un sujet sur lequel je suis à l’aise."

  • Edward Safford :

M. Edward SAFFORD est né le 11 janvier 1923 à Grosvenor Corners, New Jersey. Il a rejoint les forces armées américaines en janvier 1943, comme sergent technicien au sein de la 2519th Air Force. Mr Safford s’est distingué par sa participation à la Libération de la Normandie, à la Libération du Nord de la France, à la Bataille de Rhénanie et à la Libération du Sud de la France. Pour ces faits d’armes, le gouvernement américain lui a décerné le « European African Middle Eastern Service Medal », la Croix du service distingué dans l’Aviation et la Médaille de l’Air.
La France a eu l’honneur de le décorer de la Légion d’Honneur au Daytona Beach, le 14 mars 2014.

Edward Safford : "A l’époque, j’adorais la France, j’en rêvais lorsque j’étais jeune. Quand la guerre a été déclarée, j’étais au lycée. C’était la guerre et je me devais d’y participer ! J’ai dû passer des examens médicaux, et les docteurs ont découvert que j’avais un problème à l’œil gauche. Mais je voulais quand même y aller ! Je leur ai dit « Oui, j’ai une mauvaise vision d’un œil, mais je suis jeune et j’ai envie de défendre ma patrie ! » Et j’ai réussi à intégrer l’armée ! M’enrôler a vraiment été une décision que j’ai prise moi-même.

J’ai parlé et je parle de la guerre à mes 4 enfants.

Il y a environ 3 ans, j’ai écrit un petit recueil de mes expériences de guerre afin de transmettre à mes petits-enfants ces souvenirs. Mais dans ce livret, je n’y ai mis que les anecdotes « amusantes », je n’ai jamais mis par écrit les choses terribles que j’ai vécues.

J’ai été en Europe pendant 1 an et demi. Lorsque la guerre a pris fin, le Général Mc Arthur était déjà prêt à envahir le Japon, et nous fûmes envoyés aux Philippines avec les "Marins". Mais lorsque la bombe atomique a explosé, le Japon s’est rendu. J’aime toujours autant la France, et j’aimerais y retourner, dans un autre contexte bien sûr."

  • William Van Luyn :

M. William J. VANLUYN est né le 22 mai 1925 à Grands Rapids, Michigan. Il a rejoint l’US Army en septembre 1943.

En tant que technicien dans le Génie, M.Vanluyn a participé à la Bataille des Ardennes, à la Bataille de Rhénanie, à la Libération de la Normandie et à la Libération du Nord de la France.

Pour ces faits d’armes, les Etats-Unis lui ont remis plusieurs récompenses telles que le « European African Middle Eastern Theatre Service Ribbon », la médaille de Bonne Conduite et la médaille de la Victoire.
Il a été décoré de la Légion d’Honneur le 14 may 2014 lors de la cérémonie de Daytona Beach.

William Van Luyn : "A l’époque, j’adorais la France.
Pour ma part, j’étais dans l’US Navy et c’est de mon propre chef que je me suis enrôlé. J’avais 17 ans.
Je parle souvent de cet épisode avec ma famille. Je pense qu’il est préférable de parler plutôt que de garder le silence. Je pense à cette période chaque jour. Je réalise que je suis chanceux d’avoir survécu
.
Maintenant, j’aime toujours la France et les Français. J’adore Paris et surtout Disneyland !"

  • William Mc Dermott :

M. William MCDERMOTT est né le 15 février 1926 à Larksville, Pennsylvanie. Il a rejoint la Marine américaine en février 1944. En tant que marin première classe, il a participé à la Libération du Sud de la France et à la Libération de la Normandie où il a combattu sur la plage d’Omaha Beach.

Le gouvernement américain l’a décoré de la médaille de la Victoire, de la Purple Heart, de l’ « European Theatre Ribbon » avec deux étoiles et de l’ « American Theatre Ribbon ».

Il a reçu la médaille de la Légion d’Honneur le 14 mars 2014 lors de la cérémonie de Daytona Beach/Holly Hill ».

William McDermott : "Lorsque j’étais adolescent, j’étais fasciné et impressionné par les sacrifices que la France a dû faire, ainsi que tous les volontaires dévoués à leur pays. Je me suis engagé dans l’armée quand j’avais 18 ans, en tant que volontaire. Je suis allé à l’Ecole de Formation des Officiers.
Je pense que l’histoire américaine ne fait pas assez honneur aux volontaires
. J’ai aussi un très grand respect pour la France et ses valeurs.

Actuellement, j’aime encore plus la France. Vous nous avez offert la Statue de la Liberté, qui est un symbole très fort pour nous Américains.

Pour les commémorations, je me suis rendu en France avec toute ma famille, à Paris. Nous sommes aussi allés sur les plages. Sur place, je me suis rappelé de tous les détails, je n’ai rien oublié.
Je n’ai jamais hésité à parler de cet évènement à mes proches ; c’est l’épisode le plus marquant de ma vie
."

  • Jacob Feldman :

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Jacob Feldman a la cérémonie de remise de Légion d’honneur le 2 Mai 2014 à bord de l’USS New-York (Broward Navy Days 2014).



M. Jacob FELDMAN est né le 3 juillet 1922 à Détroit, Michigan. Il a rejoint l’armée américaine en décembre 1942. En tant que Sergent dans l’aviation militaire, Mr Feldman s’est distingué en participant à la Bataille des Ardennes, à la Bataille de la Rhénanie, à la Libération du Sud de la France et à la Libération de la Normandie le jour du Débarquement, son escadron a pris notamment part à l’assaut aérien allié le jour du Débarquement. Pour ces faits d’armes, il a été décoré par le gouvernement américain, qui lui a décerné la médaille de la « European African Middle Eastern Campaign », la médaille de la Victoire de la Seconde Guerre Mondiale, la Presidential Unit Citation, la Médaille de bonne conduite et trois barrettes pour service outre-mer.

M.Feldman a reçu la medaille de la Légion d’Honneur à bord de l’USS New-York au cours de la Fleet Week Broward Navy Days du 2 Mai 2014.

Jacob Feldman : "J’avais 20 ans lorsque j’ai rejoint les rangs de l’armée. Je connaissais la France seulement par son histoire et adorais Lafayette. Je pensais et je pense toujours que la France est un pays magnifique.

C’était mon propre choix de partir. La Seconde Guerre mondiale était en train de s’étendre et il était nécessaire de défendre votre pays [France].
La différence entre s’enrôler et être conscrit est simple : quand vous vous enrôlez, vous pouvez choisir la branche de l’armée dans laquelle vous souhaitez être. En m’inscrivant, j’ai donc dû choisir.

Je pense encore que la France est un pays qui a beaucoup à offrir. Pendant la guerre, j’avais des proches en France qui étaient juifs, et des Français les ont aidés à se cacher des Allemands. Je pense que c’est un élément qui m’a poussé à m’engager.
Quand je suis rentré d’Europe, j’ai raconté à ma famille ce qu’était la guerre. Je suis revenu blessé mais ce n’était pas grave.

Il y a beaucoup à dire sur la guerre. Je garde encore en souvenir un petit sac en satin et des gants en crochets venant de France. J’ai beaucoup d’anecdotes concernant cette partie de ma vie, et j’en ai parlé tout de suite."

  • Gerald Goodman :

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M. Gerald Goodman et sa famille lors de la cérémonie de remise de la Légion d’Honneur le 2 Mai 2014.



M. Gerald GOODMAN est né le 11 septembre 1925 à Brooklyn, New York. Il a rejoint la Marine américaine en janvier 1944. En tant que pompier première classe à bord de l’USS LST 510, M. Goodman s’est distingué par sa participation à la Libération de la Normandie, lors de laquelle son navire a débarqué sur la plage d’Omaha Beach, le 6 juin 1944. Pour ces faits d’armes, il a reçu du gouvernement américain plusieurs décorations, telles que l’American Theatre Medal, l’European Theatre Medal et la médaille de la Victoire de la Seconde Guerre mondiale.

Le 2 mai 2014, Gerald Goodman a reçu la médaille française de la Légion d’Honneur à bord de l’USS New-York au cours des Broward Navy Days.

Gerald Goodman : "J’avais 18 ans quand je suis parti à la guerre. Je ne connaissais l’Europe que par mes cours d’histoire et j’en avais une très bonne opinion. Mon oncle était dans la Marine durant la Première Guerre mondiale et c’est pour cela que j’ai décidé de m’enrôler dans l’armée américaine lors de la Seconde Guerre mondiale.

La guerre fut quelque chose de terrible et c’est pour cette raison que je n’en parle pas. Je n’aime tout simplement pas parler de cet épisode de ma vie.
Lorsque je suis rentré chez moi, j’étais alcoolique. C’est ma mère qui m’a sorti de là. Maintenant j’ai une femme et 4 enfants."

  • Salvatore Palacino :

M. Salvatore PALACINO est né le 18 février 1924 à Middletown, Connecticut. Il a rejoint l’US Navy en juillet 1943. Il a participé le 6 juin 1944 à la Libération de Normandie en tant que 3ème maitre à bord de l’USS LST-516.

Pour son courage et sa bravoure, le gouvernement américain l’a décoré de la médaille de l’ « European Theatre Service Medal », de la Presidential Citation, de la médaille de Bonne Conduite et de la médaille de la Victoire de la Seconde Guerre Mondiale.

Il a reçu de la part de la France la Croix de Lorraine et les insignes de Chevalier de l’ordre de la Légion d’Honneur le 13 juin 2013.

Salvatore Palacino : "J’étais au lycée lorsque j’ai été conscrit. J’ai étudié le français pendant 2 ans. Tout ce que je savais c’est que la France était opprimée par les allemands.

A cette époque, Mussolini, Hitler et le Japon contrôlaient les ¾ du monde.
Maintenant la France est comme une cousine pour moi ! J’ai d’ailleurs une partie de ma famille qui vit là-bas. La France est un pays que j’affectionne.
Quand je suis rentrée à la maison, je n’ai pas parlé de la guerre pendant 6 ans.

Je remercie Dieu chaque jour d’être encore en vie. De toute mon unité, je suis le seul survivant. Après 4 ans dans l’armée, dont 3 au combat, je peux vous dire que vous n’avez plus la même manière d’appréhender les choses. Maintenant je parle de la guerre à ceux qui me posent des questions. Les gens doivent savoir que ce que c’était."

  • Donald Chamberlain :

M. Donald CHAMBERLAIN est né le 4 août 1924 à Cincinnati, Ohio. Il a rejoint l’armée américaine en juillet 1943. En tant que soldat première classe de la 1107ème unité de base de l’armée de l’air, M. Chamberlain a participé à la Libération de la Normandie, à la Libération du Nord de la France, à la Bataille des Ardennes et à la Bataille de Rhénanie. Pour ces faits d’arme, le gouvernement américain lui a remis plusieurs récompenses, telles que le « European African Middle Eastern Ribbon avec six Bronze Stars », la médaille de Bronze, la Presidential Unit Citation avec une feuille de chêne, l’ « American Theater Ribbon », deux barrettes pour service outre-mer et la Purple Heart avec une feuille de chêne.

Donald Chamberlain sera très prochainement décoré de la médaille de l’ordre de la Légion d’Honneur à Nokomis en Floride.

Donald Chamberlain : "Lorsque la guerre a éclaté, j’étais au lycée. Je voyais la France comme une nation amie, avec des gens ouverts. J’ai étudié la France en cours d’histoire et j’ai énormément apprécié ce que j’ai appris.
Je crois sincèrement que la France est l’un des premiers pays qui se soit battu pour la liberté et c’est quelque chose qui me touche beaucoup.

J’ai été conscrit dès la sortie du lycée, je voulais rejoindre la US Air Force mais l’armée de terre m’a proposé en premier !

Je me suis forgé mon opinion de la France après avoir été blessé et hospitalisé. On m’avait tiré dessus, mais je pouvais tout de même voir la Tour Eiffel depuis la fenêtre de ma chambre d’hôpital.
J’ai vu un pays qui aimait sa liberté.

Pour moi, la France est un pays où il fait bon vivre. J’ai toujours voulu y retourner et je prends soin de ma santé pour avoir l’occasion de le faire un jour. Je m’entretiens et je suis des soins thérapeutiques dans l’espoir de revenir un jour en France !

Lorsque la guerre a pris fin, j’ai fini mon service pour une courte période dans l’aviation américaine. Quand je suis revenu aux États-Unis, je suis allé en premier à Fort Lauderdale.
Au début je ne parlais pas beaucoup de la guerre. J’avais l’impression que c’était déplacé. Je n’ai pas combattu en France pour être considéré comme un héros, c’était quelque chose que je devais faire.
Je ne ressentais pas le besoin de parler de cette époque.
Récemment j’ai commencé à en parler. Je suis le doyen de ma famille et ils sont intéressés par ce que j’ai pu faire, les histoires que j’ai à raconter. Je sens que j’ai eu une vie impressionnante et je veux partager mes souvenirs avec eux."

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L’équipe de ce consulat remercie chaleureusement messieurs George Guertin, Philip Cartisan, John Welch, Edward Safford, William Van Luyn, William Mc Dermott, Donald Chamberlain, Jacob Feldman, Gerald Goodman et Salvatore Palacino pour avoir si aimablement répondu à ses questions.

Article modifié le 4 juin 2014

Dernière modification : 04/06/2014

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