"Eat Art" ou la culture du fromage [en]

Dans les années 1960 du Nouveau réalisme, l’artiste suisse Daniel Spoerri enfante du terme « Eat art » pour désigner œuvres et repas organisés au sein de galeries d’art.

Le mouvement artistique qui se développe alors recouvre activités et œuvres réalisées à base de de nourriture. De nombreux artistes dont Antoni Miralda, Dorothée Selz, Jaume Xifra ou encore Joan Rabascall embrassent le concept.

A Miami, du 6 au 8 décembre 2013, alors que la foire d’Art Basel battait son plein, deux grandes figures du mouvement étaient présentes, l’artiste multidisciplinaire espagnol Toni Miralda qui vit et travaille entre Barcelone et Miami ainsi que Dorothée Selz, surnommée le bébé du mouvement artistique « Eat Art » venue pour l’occasion de Paris.

Pour « Les fromages de France », tous deux avaient mis sur pied des œuvres de très grandes tailles.

Comme elle l’avait fait pour d’autres grandes occasions, telles que l’inauguration de la réouverture de la Galerie nationale du Jeu de Paume en 1993 ou encore pour l’inauguration de la Cité de la Musique en 1995, Dorothée Selz avait réalisé une sculpture comestible unique pour ce « Eat Art » de Miami.

Ces sphères ont été pensées comme une expérience enchanteresse où s’entremêlent la sculpture et le goût, en l’occurrence ceux des fromages, elles sont également dotées d’une touche magique « excitant les sens ». Le but, déclare-t-elle, est que les invités conservent la mémoire vive d’une expérience artistique très particulière… une performance artistique culinaire.

Pour ces trois journées dédiées aux fromages français, Antoni Miralda avait lui opté pour une carte de France de plus de 5 mètres sur 3 présentant un arrangement de près de 100 assiettes de couleurs différentes nommant un fromage, chaque nom étant écrit à la main.

Comme le précise l’artiste lui-même, le nombre d’assiettes est beaucoup plus réduit que l’actuel nombre de fromages, la France en totalisant plus de 1200 !
Il s’agit néanmoins d’un bel hommage au pays dont le produit laitier est devenu l’un des emblèmes. Il s’agit aussi d’un bel inventaire rendu à ce riche héritage tout aussi gastronomique que culturel.

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Dans cet espace dressé au cœur de Wynwood entièrement dédié à l’art culinaire fromager, comme l’avait fait Daniel Spoerri en 1961 à Copenhague, la galerie s’était faite également « épicerie », les spectateurs pouvant acheter sur place de très nombreux fromages : Roquefort, Comté, fromages de chèvre mais aussi beurres…

Les producteurs de France sont en effet nombreux à avoir été séduits par le concept renouvelé du « Eat Art » à l’occasion de la grande foire d’art contemporain annuelle de Miami.

Mme Diane Sauvage, en charge de la branche américaine de l’organisation Interval est l’une de celle à avoir emprunté le chemin d’Art Basel.
Elle nous explique pourquoi elle a choisi d’emboiter le pas de la structure Sopexa chargée de l’organisation de cet évènement.
Entretien.

*- Mme Sauvage, bonjour, vous représentez à New-York, la société Interval. Pouvez-vous tout d’abord présenter cette organisation à nos lecteurs ?

- Interval est le service export d’une dizaine de laiteries françaises qui sont généralement trop modestes pour avoir leur propre service export mais assez solides pour exporter.
Nous représentons des laiteries telles que Guilloteau, Laita, Livradois, Sevre et Belle, Fromagerie Arnaud, Agour, Haxaire, Gabriel Coulet, Tournette, Beillevaire, entre autres.

*- Pourquoi avoir fait le choix de participer à cette opération unique qui se déroule pendant les journées très denses d’Art Basel ?

- Nous avons choisi d’y participer pour mettre en avant les fromages français au lait de vache, pour montrer au public que l’on pouvait les incorporer dans toutes les recettes américaines (mimolette ou comté dans le mac and cheese, comté, morbier ou raclette dans le "grilled cheese" etc), pour rendre le fromage français plus accessible aux Américains en leur expliquant leur provenance et leur histoire.

*- Pensez-vous votre cible atteinte, les produits agroalimentaires que vous représentez ont-ils ainsi gagné en notoriété auprès des consommateurs ?

- L’objectif est complètement atteint, nous avons eu plus de 8000 visiteurs et avons pu échanger sur nos fromages.

*- Quels sont les prochains projets auxquels vous réfléchissez et bien sûr pensez-vous réitérer l’opération en 2014 en collaboration, le cas échéant, avec la Sopexa ?

- Nous pensons aux différents salons proposés par la Sopexa FFS et SIAL Canada, nous pensons également à eux pour nous aider à promouvoir nos fromages dans les supermarchés de moyenne gamme qui est une cible très particulière.

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Article publié le 13 décembre 2013.

Dernière modification : 16/12/2013

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