Participation de la Coalition nationale syrienne à la conférence de Genève II

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"Je salue la décision de la Coalition nationale syrienne de participer à la conférence de Genève II.

Elle constitue une avancée majeure vers la possibilité d’une solution politique.

Elle montre l’esprit de responsabilité de l’opposition modérée qui s’est dotée hier d’un gouvernement, représentatif de la diversité du peuple syrien.

Comme l’ont rappelé les membres de la Coalition nationale syrienne, la population demande en urgence que les efforts internationaux permettent un accès humanitaire immédiat aux civils, notamment dans les villes assiégées par le régime. La France soutient pleinement cette demande.

Q- Une exigence de la coalition est que Bachar Al-Assad n’ait aucun rôle à l’avenir. Vous êtes toujours sur la même ligne ?

R – La Coalition nationale syrienne n’acceptera pas de participant du régime qui ait du sang sur les mains. Cela fait partie des conditions pour l’organisation de Genève II. Pour ce qui est de l’objectif de la conférence, il a été acté lors de la conférence de Genève I et figure dans une résolution du conseil de sécurité des Nations unies : c’est la mise en place d’un organe de transition doté des pleins pouvoirs exécutifs, y compris celles de la présidence.

Q – Sans ceux qui ont du sang sur les mains…

R – L’exigence posée par la Coalition, c’est qu’il n’y ait pas de représentant du régime ayant des responsabilités dans les crimes qui ont été commis depuis deux ans et demi et qui ont conduit au bain de sang actuel. Il faut y mettre fin. Un rapport de Human Rights Watch publié hier fait état d’usage d’armes incendiaires à au moins une cinquantaine de reprises depuis novembre 2012. Ces bombes incendiaires ont occasionné des dizaines de morts et de blessés dans la population civile. La France condamne fermement ces attaques et rappelle son attachement aux principes du droit humanitaire, notamment s’agissant de l’usage d’armes qui ciblent de façon indéterminée les combattants et les populations civiles.

Q – Et Paris soutient cette exigence de la Coalition nationale syrienne sur les membres du régime admis à participer à Genève II ?

R - Nous avons toujours dit qu’il n’y aurait pas d’impunité pour les responsables des crimes commis en Syrie. C’est pour nous une question-clé. La justice pénale internationale devra être saisie tôt ou tard. Pour la reconstruction de la Syrie et pour la réconciliation du peuple syrien, la justice devra faire son travail.

Q – L’aile militaire de l’opposition réclame un cessez-le-feu pour la conférence de Genève II. Est-ce que vous considérez qu’une telle conférence pourrait se tenir alors que les actions militaires continuent sur le terrain ?

R – Nous appelons à un cessez-le-feu depuis longtemps, parce que la population civile syrienne le réclame. Plus tôt le cessez-le-feu sera proclamé, mieux cela sera.

Q – Pourquoi n’en faites-vous pas une condition ?

R – Ce n’est pas nous qui posons les conditions de participation à la réunion de Genève. Il s’agit d’un travail collectif qui associe l’ensemble des pays et des acteurs concernés. M. Laurent Fabius a participé le 22 octobre à la réunion du « Core Group » des Amis de la Syrie, qui a adopté un communiqué final : notre position de principe, ce sont avant tout les conclusions de Genève I.

Q – Comment se fait-il que M. Brahimi ne mette pas en avant cette condition-là ?

R – Le rôle de M. Brahimi, représentant spécial conjoint du secrétaire général des Nations et de la Ligue arabe, est celui d’un conciliateur qui doit faciliter les échanges entre tous les acteurs concernés, pour que cette conférence ait bien lieu. Il ne lui revient pas de prendre position sur une condition posée par l’un des acteurs. Il est chargé par le secrétaire général des Nations unies de permettre la tenue de cette conférence le plus rapidement possible. C’est aussi notre souci. M. Laurent Fabius l’a toujours dit : il n’y a pas de solution militaire au conflit syrien. Seule une solution politique permettra à ce pays de sortir de la tragédie dans laquelle il est enfermé."


Publié le 12 novembre 2013.

Dernière modification : 12/11/2013

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