Gui Alinat, un Chef mêlant innovation et tradition

Monsieur Gui Alinat est Chef à Tampa depuis 1999. Lorsque l’on qualifie sa cuisine d’atypique, il répond qu’il privilégie une "cuisine d’auteur", simple et novatrice reflétant sa sensibilité, sa culture et ses intérêts.
De sa Provence natale, il a conservé l’amour du soleil, de la convivialité, des saveurs et du Pastis, par contre ne courez pas chez lui pour trouver de la Bouillabaisse, "ce serait un sacrilège !". Entretien.

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  • e-Toile : Monsieur Gui Alinat bonjour, vous êtes Chef, traiteur, entrepreneur et critique culinaire. Qu’est-ce que vous ne savez pas faire qui a trait à la nourriture ?

J’écris, mais je ne suis pas critique culinaire.
Pour une simple raison, je n’arrive pas à critiquer la cuisine ; je trouve du goût ou au moins un intérêt à tout !
Oui, j’ai beaucoup d’activités qui tournent autour de la cuisine. Je tiens ça de mon grand-père, qui était un expert dans de nombreux domaines.
Il a tellement eu de métiers au cours de sa vie que le jour de sa retraite, il a reçu des versements de retraite de dizaines d’organismes différents, tant il avait, au cours de sa vie, touché à tout !

  • e-Toile : Vous qui êtes né en Provence, qu’avez-vous conservé, dans l’exercice de votre métier de Chef, de cette région aux accents si singuliers ?

Le soleil, la convivialité, les saveurs et le pastis.
La simplicité de cette cuisine, aussi. Une chose que je ne fais pas en Floride par contre, c’est la bouillabaisse.
Les poissons sont trop différents, ça serait un sacrilège.
S’ils me soupçonnent un jour de mettre de la langouste ou du mérou (grouper) dans une bouille, je me fais assassiner la prochaine fois que je rentre à Marseille.
L’aïoli, ça oui. On trouve de la bonne morue dans les épiceries porto-ricaines ou cubaines.

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  • e-Toile : Vous présentez votre cuisine comme résolument atypique. Est-ce pour vous synonyme de modernité ?

Atypique peut-être pas, mais j’aime faire une cuisine que j’appelle une « cuisine d’auteur ».
C’est-à-dire une cuisine qui me ressemble, qui reflète ma sensibilité, ma culture, mes intérêts, et le terroir d’où j’évolue.

Donc bien sûr, comme mon parcours est atypique comme celui de beaucoup de chefs, la cuisine que j’essaie de faire est par définition différente de celle d’un autre. La modernité, je m’en fous.
C’est vrai que ma cuisine peut être interprétée comme telle, mais pas par souci de suivre une tendance ou une autre. Plutôt parce que justement, j’aime les choses qui sont ancrées dans la tradition, mais présentées de façon courante, voire même novatrice.

e-Toile : Et enfin, pourquoi avoir choisi de vous établir sur la côte ouest floridienne après avoir voyagé et travaillé dans tant de pays que ce soit en Europe ou en Amérique Latine ?

Ah ça, vous savez, c’est un peu des enchainements d’opportunités et puis les aléas de la vie.
J’ai atterri à Tampa sur un coup de pouce en fait. A l’époque (1999), curieusement, ça aurait pu être Flagstaff, AZ ou Santa Barbara, CA.
J’ai choisi Tampa à cause de la mer, et de la proximité avec Marseille (par rapport à la Californie).

Après, on s’installe, on ouvre un business, on achète une maison, on fait des enfants, et au bout d’un certain temps, on se rend compte qu’on est établi ici. Je m’y plais bien, en Floride.


Article publié le 11 juillet 2013.

Dernière modification : 11/07/2013

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