« El Transfer » le ticket gagnant du cinéaste portoricain Heixan Robles pour la France

Entretien avec le cinéaste portoricain Heixan Robles, gagnant de plusieurs prix décernés à l’issue du festival du film européen de Porto Rico « Hecho en Europa ».
Le jeune cinéaste discute avec nous de la naissance de son film "El Transfer » et de son succès qui lui ouvre grande les portes du cinéma européen. Culture et identité sont des éléments clés de son cinéma mais l’histoire doit rester avant tout « simple et universelle » en suggérant « des mondes parallèles et des réalités alternatives ». Je suis un rêveur confesse-t-il et le cinéma me donne le parfait échappatoire. Un cinéaste à suivre !

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Heixan Robles sur le lieu de l’un de ses tournages
  • L’e-Toile  : Votre court-métrage « El Transfer », une comédie que vous avez réalisé et produit en collaboration avec Zorimar González, a été nommé « Meilleur Film », « Meilleur Scénario », et « Meilleur Acteur » au 4ème Festival de Cinéma Européen à Porto Rico, et par conséquent il sera présenté dans plusieurs festivals de cinéma en Europe—Honnêtement, c’est un grand succès pour un jeune cinéaste.

Sachant que le film devait suivre le thème principal du festival— « En Route Vers l’Europe »— pourquoi avoir choisi la comédie pour atteindre votre objectif ?

Heixan Robles  : Gagner un festival comme celui-ci m’encourage et m’assure que je suis sur la bonne voie.
C’est un grand succès, comme vous le dites, de savoir que mon travail est apprécié par d’autres personnes et pas seulement par ma famille et mes amis. Le thème nous a été effectivement proposé par le festival.

Notre première session de travail s’est donc concentrée sur la question du comment raconter une histoire sur un voyage en Europe, sans avoir à se rendre sur place, préparer nos bagages et nous rendre à l’aéroport ?

Les genres ont également été attribués de façon arbitraire par le festival, nous avons donc opté pour la comédie "par hasard".

Parfois, je me demande ce que nous aurions fait si nous nous étions vus attribuer un autre genre tels que ceux de l’horreur ou du drame ?

  • L’e-Toile  : Maintenant que vous avez la possibilité de participer à des festivals et de montrer votre court-métrage en Europe, quels sont vos projets de cinéaste, ceux que vous allez réaliser en France en particulier ?

Heixan Robles  : Pendant ce voyage, je veux rencontrer des cinéastes européens, leur faire connaître mon travail et, je l’espère, nouer des relations professionnelles avec eux.

Je souhaite aussi apprendre de l’industrie et de la culture cinématographique européenne.

Ce serait formidable de travailler sur un projet en coproduction avec la France dans l’avenir.
J’aime aussi coupler mes deux fers de lance : travailler comme cameraman et également diriger. Je tenterai de le faire à chaque fois que c’est possible.

  • L’e-Toile  : A l’heure de la mondialisation sur tous les terrains y compris sociaux et culturels, modifiant également « l’expression artistique », comment voyez-vous le cinéma évoluer, notamment le cinéma portoricain ?

Heixan Robles  : Je suis d’accord, les arts reflètent les conditions sociales du moment. Elles peuvent aussi bien pousser au changement qu’à la complaisance.

Malheureusement, les courants de mondialisation qui prédominent n’incitent pas à un échange égalitaire entre les différentes cultures.

Le type de mondialisation dominant aujourd’hui est capitaliste et va généralement dans une seule direction, particulièrement à Porto Rico.

Cependant, j’ai bon espoir que le cinéma est l’un des moyens de communication qui peut également fonctionner indépendamment ou en parallèle délivrant ainsi un grand syncrétisme culturel. Une plateforme comme le festival « Hecho en Europa » en est le parfait exemple.

  • L’e-Toile  : Enfin, quelle importance donnez-vous à l’expression de la nationalité, de la culture ou encore de l’identité ethnique dans vos films ?
    Croyez-vous qu’un festival comme « Hecho en Europa » est un exemple de promotion des différentes cultures ?

Heixan Robles  : L’importance que je donne à la nationalité, à la culture et à l’identité dans mes projets est la même que celle que j’accorde à la scénographie, aux costumes et aux accessoires.
Ce sont des outils très importants pour raconter une histoire et chaque histoire se concentre plus ou moins sur l’un de ces aspects, mais l’histoire elle-même doit être universelle.

Et je veux avant tout réaliser des films que j’aimerais aller voir au cinéma, comme tous les autres cinéastes.

J’aime raconter des histoires simples mais qui suggèrent un autre monde au-delà de celui qui est présenté. J’aime les indices visuels qui rendent le film complexe mais qui ne le complique pas. D’ailleurs, j’espère que quelqu’un va comprendre cette absurdité.

J’adore m’échapper dans des mondes parallèles et des réalités alternatives, bref, je suis un rêveur et le cinéma me donne le parfait échappatoire.

Merci !


Article publié le 29 mai 2013.

Dernière modification : 30/05/2013

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