M. Brooks, ancien combattant de la Seconde guerre mondiale se rappelle

M. Isy Brooks a été décoré de la Légion d’honneur un mois à peine avant son 100ème anniversaire.

De la Première guerre mondiale, il se souvient de sa mère lui lisant les nouvelles tous les jours. Prés de 20 ans après, lorsqu’il est mobilisé, il en tête le souvenir du Général Lafayette venu aider son propre pays à gagner la guerre.

Du second conflit mondial, il garde l’image frappante de soldats allemands affamés et capitulant. Ces souvenirs, il les transmets à ses enfants grâce à des lettres et des articles de journaux…

- e-Toile : Cher M. Isy Brooks, la Légion d’honneur française vous a été décernée le 21 août 2012. Quelques jours plus tard, vous fêtiez votre 100ème anniversaire.
Vous faisiez vos premiers pas lorsque que la Première Guerre Mondiale éclata, et vous souffliez votre sixième bougie à la fin de ce premier conflit mondial. En temps qu’enfant américain, de quoi vous souvenez-vous de cette période ?

M. Isy Brooks : Je ne me souviens pas de grand chose de cette période.

Ma famille et moi sommes de Géorgie. J’avais des grands frères qui n’avaient pas été mobilisés parce que nous étions fermiers.

Nous ne connaissions personne qui avait été mobilisé à l’exception d’un voisin de notre communauté qui a dû partir.
Je me souviens qu’il nous a montré comment lacer les lourdes bottes qu’il devait porter pendant les combats.

A part ça, je me souviens de notre mère qui nous lisait tous les jours ce qu’il se passait dans les journaux.

- e-Toile : Lorsque la Seconde Guerre mondiale a été déclaré, est-ce que ça vous a fait penser à cette première guerre ?

M. Isy Brooks : Lorsque la Seconde Guerre Mondiale a été déclarée, je n’ai pas pensé à la Première. J’étais le plus jeune de mes frères et mes aînés étaient trop vieux pour être mobilisés. J’avais un oncle qui était Lieutenant.
Mais non, je n’ai pas pensé à la Grande Guerre lorsque la Seconde Guerre Mondiale commença.

e-Toile  : Quel était votre opinion sur la France avant d’y aller ? Saviez-vous ce qui s’y passait ?

Mr. Isy Brooks : Quand j’ai appris ce qui se passait en France, je me suis juste dit que nous avions une dette envers la France, et que c’était notre devoir de les aider.

Lorsque nous étions entrain de perdre notre guerre d’Indépendance, la France nous envoya immédiatement le Général Lafayette pour nous aider à gagner cette guerre, donc je me disais que nous étions juste en train de rembourser notre dette.

- e-toile : Quel est le souvenir le plus signifiant que vous gardez de la France ?

Mr. Isy Brooks : Lors de l’une de nos premières missions, nous avions été affectés à la garde d’un lieu aux mains de soldats allemands, et je me souviens que l’un d’eux vint vers nous avec un grand drap blanc noué à un bâton, nous faisant savoir qu’il se rendait.

Nous l’avons ramené sur notre base et il nous raconta qu’ils étaient affamés, ils n’avaient que des pommes de terre à manger, et que leur stock était depuis épuisé.

Leur capitaine, son nom m’échappe…quand on a 100 ans on oublie ce genre de choses... leur capitaine demandait à recevoir quelques vivres. Ils ont fini par se rendre.

- e-Toile : Que souhaiteriez-vous dire aujourd’hui aux enfants à propos de ces deux guerres ?

Mr. Isy Brooks : Dans ma famille, on essaye de garder vivants les souvenirs et les histoires de cette époque.

J’ai trois enfants et le plus jeune avait un an lorsque j’ai été mobilisé. Ils étaient donc très jeunes à cette époque.

J’écrivais à ma femme tous les jours et ma petite fille lisait certaines des lettres et posait toujours beaucoup de questions. Mais nous n’étions pas autorisés à révéler dans nos lettres à nos familles où nous étions localisés.

Nous pouvions envoyer nos lettres une seule fois par mois. Aujourd’hui, ma fille a toujours les articles de journaux avec les titres sur la guerre que ma femme avait gardé durant toutes ces années.

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M. Isy Brooks a été décoré de la Légion d’honneur le 21 août 2012 à Boynton Beach en Floride, en même temps que quatorze de ses camarades.


Article publié le 5 Sept. 2012.

Dernière modification : 06/09/2012

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