Un voyage en Europe pour une autre approche sur les questions d’énergie et de réchauffement

JPEGGeorge Gonzalez, vous êtes professeur de Sciences politiques à l’Université de Miami et, pour la troisième année consécutive, vous allez conduire un groupe d’étudiants en France pour un séjour d’étude sur le thème "Réchauffement climatique et énergie". Quels sont, en quelques mots, les buts que vous poursuivez à travers cette mission ?

George Gonzalez : Le débat et les règlementations concernant l’énergie, l’utilisation des sols et le réchauffement climatique sont bien différents aux États-Unis et en Europe. Aussi, en délocalisant cette classe au sein de l’Union européenne, les étudiants de l’Université de Miami peuvent découvrir et réfléchir à une autre approche sur ces questions essentielles d’énergie et de réchauffement.
Je souhaite sincèrement qu’à travers cette découverte, ces étudiants contribuent à rapprocher les États-Unis des politiques européennes en la matière.

e-Toile : Pourquoi choisir le France, et l’Europe, pour approfondir ces connaissances ?

George Gonzalez : L’Union européenne est au cœur du débat global visant à orienter les sociétés industrielles vers un comportement plus écologique.
Tout en atteignant un niveau élevé de développement et de qualité de vie, les citoyens européens ont une empreinte carbone bien moindre que les Américains ou les Canadiens. Ceci signifie que les résidents européens, français notamment, ont un effet moins négatif sur l’environnement à revenu par tête équivalent. La France, en particulier, mérite une attention spéciale. elle parvient à maintenir le plus faible taux d’émission de CO2 parmi les nations les plus industrialisées.

Elle atteint ce résultat grâce à un programme controversé de production d’énergie nucléaire, qui fournit au pays plus de 75% de l’électricité qu’il consomme.

Par ailleurs, la France parvient à réduire les émissions de CO2 à travers la planification urbaine et une politique de transports qui limitent les besoins en énergie tout en assurant une grande qualité de vie dans les centres urbains. Enfin, les pays européens sont à la pointe de l’innovation et de la technologie s’agissant de la production des énergies propres : solaire, éolien et hydroélectricité.

Dès lors, la France et les autres membres de l’Union européenne mettent en œuvre une politique cohérente en matière d’énergie, de transport et de planification urbaine. Ce qui explique aussi pourquoi l’Union européenne est un acteur majeur de l’effort international dans la lutte contre les changements climatiques (Protocole de Kyoto).

En localisant la classe à Paris, nous avons l’opportunité de visiter des acteurs importants et des institutions impliquées dans les questions d’environnement. De plus, Paris accueille des experts réputés et des défenseurs de l’environnement. Aussi, nous bénéficions de présentations de qualité sur des sujets comme l’énergie, les transports et le réchauffement climatique.

e-Toile : Pouvez-vous nous citer quelques personnalités et organisations que vous avez rencontrées au cours de ces missions ?

George Gonzalez : Grâce au soutien du consulat général de France à Miami et avec l’aide de notre consultant sur place (CEPA), nous avons eu la chance de rencontrer un certain nombre de responsables politiques, de représentants de l’administration et d’agences publiques.
Je pense que ces échanges ont été un grand succès pédagogique pour ma classe.

  • OECD Nuclear Energy Agency ( en 2010 et 2011)
  • Institut d’Amenagement et d’Urbanisme (IAU) ( en 2010 et 2011)
  • Brice Lalonde ( en 2010) ancien ministre et responsable politique
  • EKORE Exploitation ( en 2010) : un groupe de consulting spécialisé dans le développement des énergies renouvelables
  • Fribourg, Allemagne : Autorité de la Protection de l’Environnement ( en 2010)
  • Le responsable des questions d’environnement du Parti socialiste français ( en 2010)
  • Le responsable des questions d’environnement du Parti UMP ( en 2010)
  • M. Thebault, Ambassadeur délégué à l’environnement ( en 2010)
  • Agence PREDA ( en 2010 )
  • Energies Environnementales (EE) ( en 2011) : société privée spécialisée dans les économies d’énergie dans le secteur de la construction
  • Agence internationale de l’énergie ( en 2011)

Lors de ce prochain séjour, nous allons notamment rencontrer :

  • EOLE-Res : société spécialisée dans la construction et l’opération de centrales électriques non polluantes
  • Délégation au développement durable
  • Cité des Sciences et de l’Industrie, le plus grand musée de la science en Europe
  • Agence ADEME
  • ExxonMobil

e-Toile  : Professeur Gonzalez, vous êtes un expert des questions d’urbanisation et de réchauffement climatique (le thème de votre dernier ouvrage). Selon vous, quelle est la différence majeure entre les États-Unis et l’Europe dans la nouvelle approche du mode de vie face aux risques climatiques ?

George Gonzalez : C’est, en effet, le sujet de mon livre publié en 2009 (Urban Sprawl, Global Warming, and the Empire of Capital [State University of New York Press]), un thème suffisamment complexe pour être résumé en quelques lignes. Néanmoins, ce que je peux vous dire : depuis l’ère moderne (qui a débuté après la Seconde Guerre mondiale) les pays d’Europe de l’ouest et d’Europe centrale ont cherché à limiter leur dépendance à l’énergie fossile (par exemple avec le programme nucléaire en France).

Ainsi, alors que l’offre d’énergie fossile tendait à se réduire (particulièrement le pétrole) et que la communauté scientifique commençait à mesurer les conséquences économiques, sociales et de santé publique de l’utilisation de cette énergie, les politiques européennes ont fait preuve d’une plus grande adaptation à cette situation, la diminution des réserves d’énergie fossile et le réchauffement climatique (en comparaison des États-Unis, du Canada et de l’Australie).

Biographie de M. George Gonzales : http://www.as.miami.edu/politicalscience/people/GeorgeGonzalez

Article publié le 24 mai 2012.

Dernière modification : 24/05/2012

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