Françoise Barré-Sinoussi à l’université FAU

Le 27 avril 2012, Florida Atlantic University accueille le Professeur Françoise Barré-Sinoussi, Prix Nobel, Directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et Professeur à l’Institut Pasteur à Paris pour une conférence sur le thème « Le SIDA, une découverte soulignant les avantages d’une recherche translationnelle ». Le Dr Ramaswamy Narayanan Professeur et Vice-doyen du département des relations Industrie et Recherche au College des Sciences Charles E. Schmidt de Florida Atlantic University nous explique ce qu’est cette recherche translationnelle.

La conférence peut être suivie sur Internet à cette adresse : www.fau.edu

JPEGe-toile : Dr Ramaswamy Narayanan, vous êtes Professeur et Vice-doyen du département des relations Industrie et Recherche au College des Sciences Charles E. Schmidt de Florida Atlantic University. Le 27 avril, vous allez accueillir le Professeur Françoise Barré-Sinoussi, Prix Nobel, directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et professeur à l’Institut Pasteur à Paris pour une conférence sur le thème « Le SIDA, une découverte soulignant les avantages d’une recherche translationnelle ».
Pouvez-vous nous rappeler ce qui plaide en faveur de cette recherche translationnelle ?

Dr Ramaswamy Narayanan : Ce caractère translationnel permet de conduire la recherche médicale du laboratoire à la clinique et l’hôpital le plus rapidement possible pour le plus grand bénéfice des patients.

Un temps précieux peut ainsi être sauvé pour ces malades souffrant de pathologies mettant leur vie en péril.

Ce qui est tout à fait le cas pour le SIDA.

Les scientifiques sont tout à fait conscients de l’importance de cette approche qui est de nature très conventionnelle puisque chacune des parties, laboratoire de recherche d’un côté, système hospitalier de l’autre a des obligations l’une pour l’autre.

Les scientifiques fournissent aux cliniciens de nouveaux outils à utiliser, les effets de ceux-ci sont observés comme le sont aussi la nature et la progression de la maladie, ce qui stimule de nouvelles investigations.

e-toile : Le SIDA est le sujet d’étude le plus connu de la recherche scientifique contemporaine. Pouvez-vous à l’aide de quelques exemples nous présenter l’actuelle coopération entre la France et les États-Unis sur ce sujet ?

Dr Ramaswamy Narayanan : S’il est vrai que le SIDA marque une étape majeure dans l’histoire de la recherche scientifique et médicale contemporaine, il y a tant de types de collaboration différents entre les États-Unis et France que ce soit au niveau science ou ingénierie qu’il est pratiquement impossible de tous les citer.

Je vais néanmoins donner quelques exemples :

- le partenariat entre l’université Panthéon-Sorbonne et Florida Atlantic University qui a été initié en 2008

- la « Stratégie scientifique globale ‘Vers la guérison du SIDA’ », une approche plus internationale qu’une seule relation franco-américaine

- et très prochainement, le "French Biotech Tour" un biomarqueur et une médecine personnalisée, ceci est organisé par l’agence Ubifrance. 150 sociétés françaises et 450 compagnies de biotechnologie vont y participer afin de construire des connexions transatlantiques. (http://frenchbiotechtour.ubifrance-events.com/cms/en/welcome-biomarker)

e-toile : Vous êtes spécialisé en biologie moléculaire et sur le cancer. Dans votre domaine la recherche translationnelle est-elle pertinente ou devons-nous plutôt parler de recherche globale ?

Dr Ramaswamy Narayanan : La recherche translationnelle est pertinente dans les domaines de la recherche biomédicale. Le National Institute of Health (NIH), l’INSERM et d’autres instituts et agences européennes travaillent tous avec cette approche pour s’assurer que les bénéfices et les fruits de leur travail profitent directement à l’être humain.

Ceci aide les scientifiques à concentrer leurs efforts sur cette question : comment la recherche peut-elle bénéficier à l’homme ?

Depuis l’achèvement du séquençage du génome humain, nous sommes dans une meilleure position pour diagnostiquer et traiter de nombreuses maladies.

Par exemple, les malades du cancer du sein vont bénéficier de ce nouveau médicament l’Herceptin mesurant le niveau de protéines dénommé Her2/Neu. Ce savoir permet aux praticiens de choisir le meilleur traitement possible en évitant au maximum le hasard et les tâtonnements.

Ceci est également vrai pour la leucémie avec le Gleevac dont l’utilisation fait une différence majeure pour le patient car il devient possible de savoir quel type de patients va réagir à la thérapie donnée avant même de débuter le traitement et donc de prévoir les effets secondaires.

D’autres exemples existent pour le cancer.

Ces immenses avancées ont été possibles grâce à ce focus sur la recherche translationnelle par de nombreux scientifiques. Pour le dire rapidement, cette approche nous aide tous à passer de l’éprouvette au lit du malade de façon très rapide.

Dr. Ramaswamy Narayanan,
Professeur et Vice-doyen du département des relations Industrie
Charles E. Schmidt College of Science
Florida Atlantic University
777, Glades Road, SC 216 (Sanson Sciences)
Boca Raton FL 33431
http://www.science.fau.edu/biology/faculty/narayanan.html
http://www.science.fau.edu/nobel/

Dernière modification : 13/04/2012

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