Témoignage d’un ancien combattant américain de la Seconde guerre mondiale

Lieutenant Peterson qui a été décoré par la France le 5 avril partage avec nous son expérience personnelle pendant la guerre.
Le 5 avril, 23 anciens-combattants de la 2nde guerre mondiale vont recevoir les insignes de Chevalier dans l’Ordre la Légion d’Honneur dans la ville de Delray Beach en Floride. Stan Peterson, qui a fêté récemment ses 93 ans, est l’un d’eux. Le lieutenant Peterson a rejoint la US Air Force et est devenu le navigateur de l’un des bombardiers B-17 du 96ème groupe de bombardiers, 8ème Air Force.

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- M. Peterson, pourquoi avez-vous choisi de rejoindre l’armée et les forces de l’air ?

Lorsque j’étais un enfant, Charles Lindbergh, qui a traversé l’Atlantique et est revenu en 1928, était mon héros. C’est pourquoi j’ai choisi de rejoindre les forces de l’air. Je voulais voler et j’ai fini par devenir navigateur du 96ème groupe de bombardiers en Angleterre. Je me suis engagé dans l’Armée avant Pearl Harbor.
C’était une période de dépression économique, il n’y avait pas beaucoup d’opportunités. Etre à l’armée m’offrait la garantie d’un repas par jour et la possibilité de recevoir un entrainement pour voler.

- Y-a-t-il un moment ou une période dont vous souhaiteriez vous remémorer de la guerre ?

Un grand souvenir. C’était en décembre 1943, et nous avons fait un défilé aérien dans Paris.
C’était un défilé très important car nous avons réalisé des cercles autour de la ville, c’était une journée ensoleillée et les parisiens purent ainsi voir nos avions.
Ils faisaient la fête, ils voulaient profiter au mieux de ce nouvel an et je pense que notre défilé les a beaucoup aidé. Ils ont pu voir 300 bombardiers effectuer des cercles dans la ville et ils les ont regardés atteindre leur objectif avec succès.
Par la suite, alors que nous quittions la zone ciblée, une batterie anti-aérienne a frappé avec précision l’avant de nos avions et a touché et endommagés nos moteurs.
Immédiatement, nous avons perdu de l’altitude. Alors que nous étions en train de tomber, le pilote a essayé de retrouver le contrôle des moteurs mais il a dit « Préparez-vous à sauter ».
J’ai pensé que notre devoir s’arrêtait là. Cependant, alors que nous perdions de l’altitude, les deux moteurs repartirent et nous purent repartir lentement vers l’Angleterre.

Ce qui est fantastique, c’est que j’ai su en tant que navigateur que nous étions en train de voler droit sur une base aérienne allemande, j’ai donc dit à l’équipe « si ces allemands arrivent et commencent à nous tirer dessus, soyez prêts car nous n’allons pas pouvoir résister ! ».
Des années plus tard, j’ai demandé à un officier allemand, « pourquoi ces Allemands ne nous ont pas tiré dessus ? », et il a répondu, « Parce que les Allemands aiment célébrer la nouvelle année ». C’est comme ça que nous nous en sommes sortis.

- Avez-vous gardé des contacts en France ?

Après la guerre, Pierre Baudier, un Sergent de réserve de l’Air de 62 ans qui est maintenant grand-père, a découvert que j’étais en mission lorsque l’un de nos bombardiers est tombé sur sa ville. Il est devenu un véritable ami pendant toutes ces années après la guerre. J’espère pouvoir le revoir à Reims lors de mon prochain voyage à France.

J’ai aussi un autre ami anglais, qui a été témoin d’un crash à Sheffield, en Angleterre, de quelques bombardiers de notre groupe. Ainsi, j’ai établi une correspondance avec eux pendant plusieurs années.

- Comment ressentez-vous d’être bientôt décoré de la Légion d’Honneur le 5 avril 2012 ?

Je vous le dit, je me sens extrêmement heureux et fier. J’éprouve beaucoup de fierté de savoir que je vais être fait Chevalier !

Dernière modification : 29/03/2012

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