Lisa Weiss, une femme américaine aux côtés de la France pendant la 2nde Guerre Mondiale

A l’occasion de la journée internationale des femmes, Lisa Weiss, qui a été décorée de la Légion d’Honneur le 1er Mars à Boynton Beach, raconte son expérience au sein de l’armée américaine pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Lisa Weiss a rejoint l’armée américaine en aout 1943. En tant que secrétaire, elle a travaillé au quartier général des bureaux de Eisenhower à Reims où elle recueillait les témoignages de soldats qui étaient ensuite publiés dans les journaux américains.

-  Lisa Weiss, vous étiez une jeune femme lorsque la Seconde Guerre Mondiale a commence. Pourquoi avez-vous décidé d’intégrer l’armée américaine ?

J’ai commencé par travailler pour le département de guerre à New York. Lorsque Pearl Harbour fut bombardé, tous les hommes de notre bureau enfilèrent leur uniforme, ils étaient tous des officiers de réserve.

Il y avait une autre fille dans le bureau juste derrière moi, nous nous regardâmes l’une et l’autre lorsque quelqu’un s’exclama « C’est une guerre patriotique, allons y ». C’est ainsi que nous décidâmes d’intégrer l’armée. A cette époque il n’y avait pas d’armée pour les femmes, on appelait ça “Women’s Auxiliary Corps”, mais six mois plus tard c’est enfin devenu « Woman Army Corps ».
A la différence d’aujourd’hui, la 2nde Guerre Mondiale était une guerre patriotique. C’était une autre époque, vous savez, lorsque Pearl Harbour a été bombardé tout le monde voulait intégrer l’armée.

-  Quels sont vos souvenirs les plus mémorables de France ?

Tout d’abord, j’ai commencé à travailler à Fort Jackson, en Caroline du Sud, et par la suite j’ai été envoyée en France, dans ce que nous appelions « la petite maison rouge de Reims ». Je me souviens aussi que Reims était surnommée “la capitale mondiale du champagne”. A chaque fois que nous amenions une bouteille vide à l’usine ils nous donnaient du champagne gratuitement. Nous avions du champagne à volonté !

Je me souviens que lorsque la guerre a pris fin, nous avons donc été réaffectés à notre quartier général à Reims. C’était en mai, et je suis rentrée pour ma part en septembre.

Mon époux est rentré avant moi car il a été blessé, alors que je n’étais même pas au courant.
Il appartenait à la 87ème division d’artillerie. Sa division devait venir là où je travaillais, dans la zone de redéploiement. J’étais très heureuse que la division de mon mari nous rejoigne !

De plus, j’avais obtenu une permission pour passer trois jours à Paris avec lui. Mais lorsque la division de mon mari arriva il n’était pas là, c’est à ce moment là que j’ai appris qu’il avait été blessé. Je suis donc partie lui rendre visite pendant trois jours à l’hôpital où il trouvait, en Angleterre. Heureusement, il est finalement revenu sain et sauf en Amérique.

-  Vous avez travaillé au quartier général d’Eisenhower à Reims, où vous avez recueilli les témoignages de soldats dans les zones de redéploiement.
Pourriez-vous nous dire quelques mots sur ces moments difficiles de guerre en France, qui sont une part intégrante de l’histoire française et américaine ?

Après la fin de la 2nde Guerre Mondiale en Europe, notre zone est devenue une zone de redéploiement. Tous les soldats qui venaient d’Europe ont été réaffectés dans le pacifique. Nos fournissions donc des nouveaux uniformes, de nouvelles chaussures, tous les nouveaux équipements nécessaires, puis les soldats étaient envoyés dans le Pacifique pour combattre car nous étions toujours en guerre contre le Japon.
Mon travail, c’était d’interviewer les soldats pour transmettre ensuite leur témoignage dans les journaux de leur ville natale. C’était très émouvant. La cérémonie de décoration m’a fait revivre tous ces moments, je me suis sentie très nostalgique.

-  Avez-vous reçu un traitement différent en tant que femme, pendant la guerre ?

Nous étions tous égaux. Bien sûr, à ce moment nous, les femmes, n’avions pas d’arme, mais nous étions derrière les hommes qui portaient les armes.
Nous avons été très bien traitées, je n’ai aucune plainte à faire.

-  La dernière décorée a reçu sa médaille en 2008.
Vous avez été décorée de la Légion d’Honneur le 1er mars à Boynton Beach.
Comment vous sentez vous d’être décorée par les autorités françaises ?

J’étais très impressionnée et honorée de recevoir cette médaille, c’est une très belle médaille que je montre à tout le monde !

Cela me rappelle que j’ai été membre d’une organisation d’anciens combattants, nous avions des réunions tous les mois. Il y a deux ans, le club a disparu car j’étais la seule membre encore en vie, tous les autres étaient décédés. J’ai donc une pensée particulièrement pour les anciens combattants qui ne sont plus parmi nous.

Je peux aussi vous dire que je suis très heureuse de partager mon histoire avec vous. Il y a un an, quelqu’un est venu de Washington pour me demander mon histoire. On m’a interviewée, enregistrée, et on m’a dit que mon histoire irait à la bibliothèque du Congrès à Washington. J’ai donc aussi mon histoire là-bas…

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-  Quel message souhaitez-vous transmettre à la jeune génération, sur votre expérience dans la vie ?

Et bien, vous devez persévérer, soyez honnête avec vous-même et soyez loyal envers votre pays !

Dernière modification : 28/03/2012

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